Bande de Gaza, PALESTINE

VOIR LA MER À GAZA

« À Gaza il n’y a rien d’autre que du sable et des enfants » a coutume de dire le docteur Sarraj né dans le camp de Jabbalya. Sur cette terre où depuis plus d’un demi-siècle deux peuples ne parviennent pas à vivre ensemble, la jeunesse est particulièrement exposée aux conséquences d’une tragédie dont personne ne peut prédire l’issue. Sur cette bande de terre de 365 km2 plus d’un million d’habitants vivent coude à coude, et plus de la moitié de cette population a moins de 14 ans. Le quotidien des jeunes générations à Gaza est rudement soumis à la pression des évènements. Le poids des circonstances leur impose la recherche de l’équilibre impossible entre : le désir de vivre et le désir de mourir, l’espoir et le désespoir, la raison et l’absurdité, le respect et l’humiliation …etc. Des générations de jeunes sont victime du culte de la mort. Ces jeunes n’ont reçu en héritage qu’une suite de conflits meurtriers et de vengeances. Pour beaucoup d’entre eux il est déjà trop tard. On leur a confisqué leur enfance. Leur liberté est aliénée à cette bande de terre. Leurs rêves d’enfant se désagrègent à l’horizon du plus bel espace de liberté sur terre : la mer.


SEE THE SEA AT GAZA

« Gaza has nothing but sand and children », in the words of Dr Sarraj, born in the camp at Jabbalaya. In a region where two populations have been unable to live at peace together for over half a century, the younger generation are particularly vulnerable to the consequences of a tragedy of which nobody can predict the outcome. Over half the million people who live on this densely populated 365m2 strip of land are under 14. The daily life of Gaza’s youth has become a precarious balancing act between the will to live and the will to die, between hope and despair, reason and absurdity, respect and humiliation. Generations of young people fall victim to the cult of death. Their only inheritance is a never-ending flow of conflict and vengeance. For many of them, it is simply too late. Robbed of their childhood, this strip of land has confiscated their liberty. Their dreams have disintegrated on the horizon of the greatest expanse of freedom the earth has to offer – the sea.